À Cherbourg, 50 hectares de terre-pleins du port de commerce seront alloués aux énergies marines renouvelables. Ports de Normandie vient de lancer trois appels à projets.

Sur les 83 hectares, une cinquantaine sont proposés pour accueillir les activités industrielles, logistiques et d’innovation liées à l’éolien. Philippe Deiss, le directeur général du syndicat mixte Ports de Normandie, définit ainsi le mais des trois appels à manifestation d’intérêt qui courent jusqu'au 10 juillet : Conforter les activités décrites et en accueillir de nouvelles.

Il s’agit d’une démarche pragmatique: nous ouvrons le dialogue pour construire des projets à vocation industrielle-portuaire permettant d’occuper les terres-pleins. L’objectif à cinq ans est de développer au maximum les activités industrielles, logistiques ou d’innovation liées aux énergies marines renouvelables.

L’éolien et l’hydrolien, c'est le pari fait par les collectivités territoriales il y a près de dix ans.

83 hectares d’un seul locataire

Depuis le départ de Toyota en 2001, toutes les tentatives pour attirer des trafics de marchandises, des vracs notamment, sont en effet restées vaines. La perspective des appels d’offres pour les premiers parcs éoliens en mer à poussé PNA à augmenter de 39 hectares le foncier des terres-pleins. Lire aussi: Crise sanitaire: l’aide de la Manche aux très petites entreprises (TPE) bloquée par la Préfecture

Aujourd’hui, ce sont 83 hectares d’un seul locataire, avec un accès direct au quai et un sol peu compressible offrant une bonne résistance aux charges lourdes, qui sont disponibles.

Philippe Deiss l’assure: Tout est prêt et c'est un vrai avantage. Mais que de péripéties nous avons réservé ces dossiers…

En effet Areva qui promet avant de préférer Le Havre, Alstom représailles par General Electric, la construction de l’usine LM Wind Power, GE qui se concentre sur la nouvelle éolienne de 12 MW, EDF qui revient vers Siemens-Gamesa…

C’est la vie des projets industriels… Mais nous passons enfin aujourd’hui la vitesse supérieure.

Les projets éoliens se concrétisent

Il y a quelques jours, EDF Renouvelables et ses partenaires, Enbridge et WPD, ont annoncé le lancement de la construction du parc éolien au large de Fécamp, un investissement estimé à 2 milliards d’euros. Une décision finale d’investissement est aussi attendue, pour la fin de l’année, sur le parc de Courseulles. Lire aussi: 200 emplois à Cherbourg pour l'assemblage des éoliennes du parc éolien de Fécamp.

Pour ces parcs, EDF va utiliser 13 hectares pour l’assemblage des mâts de 100 mètres de haut. « Le contrat est signé », rappelle Philippe Deiss. Siemens-Gamesa viendra également réaliser le pré-assemblage des 71 turbines et des pâles, sachant que cela représentera une année de travail.

D’autres entreprises peuvent également avoir besoin de foncier, pour la fabrication des fondations en veste du parc de Courseulles par exemple. Les chantiers vont s’enchaîner. Nous pourrions peut-être même être serrés.

Trois lots modulables

Concrètement, ce sont 50 hectares qui sont proposés dans l’un des trois appels à manifestation d’intérêt. Le découpage fait état d'un lot de 38 hectares englobant le nord et l'est des terres-pleins, un deuxième de 4 hectares sur l'ancien terminal vrac, et un de 15 hectares entre le fort des Flamands et le quai. Ces lots peuvent être découpés ou regroupés selon les projets et les plans d’eau attenants sont également mobilisables.

Le foncier nécessaire à une extension annoncée, mais pas encore confirmé, de l’usine LM Wind Power n’entre pas dans le champ de cet appel à projets.

Le développement de l’hydrolien n’est a priori pas pris en compte pour le moment. Atlantis va en effet travailler avec le groupe Efinor et utilisera ses moyens industriels. CMN et HydroQuest n'ont pas non plus exprimé de besoins. Et l'ancien-atelier OpenHydro assister aux candidats.